Version 5.1.1

neuf cent cinquante quatre phrases une dernière fois le sol. tu la sens la boucle courte des flux circule hors des paupières à s’éloigner dit-on ouvre la gorge enroule le nœud puisse serrer centrifuge encore le souffle lève les poumons lève les serrés au grillage de respirer dans aucun nom n’importe quel champ troué l’infini tressé d’une corde tressé l’infini au soleil crache agrippé à l’air sans le savoir l’œil collé au sommeil et toi reine électrique quel est ton chiffre le rêve par où s’ombrer jamais comme si jamais ouvert l’espace d’un temps déraisonnable

nous n’étions rien nos rires posés sur des vertèbres doucement nos mains doucement frôlaient les hémisphères les brumes branlantes dans l’odeurs ocre du soir où nous marchions plus vieux et pourtant et de vies si nombreuses dos ployé sous le poids de l’histoire vêtus de sang tourbeux caillots d’argile nous sauvages oui astres plus que transparents n’avions qu’à bégayer bégayer sans cesse engloutis dans l’idiome hommes oui et pourtant si bien dressés les uns contre les autres pourtant ignorant quand cela commença

neuf cents cinquante quatre phrases une première fois le sol, atterrissage brutal mais succès pour le pilote, il n’ont pas retrouvé la boîte noire, nous vivons paradoxalement avec déjà la vision de la mort en soi, nous sommes déjà des morts, nous sommes des puissances, nous sommes ce qui nous arrivera, nous n’étions rien d’autre qu’une pluie de fer, et nous ne savions rien d’autre que la possibilité du même, revenant, c’est la caractéristique du revenant, variation sur le même, axe du vainqueur, l’idiome des hommes, retour sur soi, ils n’ont pas retrouvé la boîte noire, il n’y a plus d’histoire, nous ne savions rien, nos rires posés sur des vertèbres, sous le poids de l’histoire, la corde pour l’inhumanité, variation si symétrique de toute humanité,

Nous en savons beaucoup trop, bien trop pour être menacés, bien assez pour mourir à petit feu par le poison, nous n’appartenons pas au monde car le monde ne nous appartient pas, il y a une symétrie dans l’exercice de la propriété, un vol a été perpétré, celui d’une parcelle de l’âme, nous possédons ce qui nous possède dans la fiction de nous-même, nous sommes des vendus et la parole nous tient par la gorge, nulle fuite possible, nous revenons d’un pays où nulle propriété fait loi, nous sommes en exil et la pensée nous charrie.

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