Version 7.3

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v. 1

je crois que le christ a répété 954 fois ses paraboles paradoxales
avant que les druides ne les répétassent au bord du feu sanglant
puis que les prêtres ne les écri v   sur la paroi neigeuse

je crois que les livres sont dans la cave avec les poupées gonflables
et la confiture aux groseilles, une autre vie nous attend                            a              i              t

le sang n’est plus vermillon et la poésie ne représente plus rien
pas même des charmes ou une illusion, pas même une passe
aux portes du temple, pas même l’envie hors des paupières

que tresserai-je demande-t-elle, un brin de, un brin de
te souviens-tu des livres brûlés et de tout ce qui était en feu

ouvre la gorge avale
le nœud puisse serrer les ans et les chants perdus

nos poumons sont libres
le grillage est gagné par la corrosion
la respiration vrombit

l’infini était dans la parole du sachem au masque blanc
nous resplendissons dans les supermarchés
au-dessus des autodafés joyeux

v. 2

qui voudra répéter 954 fois les mêmes noms au sujet
de la même réalité
des mêmes choses

vous voyez bien que ce n’est pas sérieux
la présence réelle n’est pas dans ces lignes
ni dans les versions précédentes d’ailleurs

imaginons un sol battu par les vents
nos paupières sont basses / nous endurons / nous répétons / nous payons les taxes / nous lavons les corps sales / nous n’écoutons que ce que nous voulons entendre et n’entendons que ce qui s’éloigne un tant soit peu de ce qui est écrit d’avance / nous avons trop adoré et respecté les paroles, les contrats, les relevés d’imposition et tous les poèmes depuis Parménide

je suis si loin de mes muscles, de ma gorge, de mes bras et de mes poumons quand je vous parle, au mieux un grognement suffirait

on se tait devant la lumière rouge des temples ou de la caravane des prostituées, on se tait devant le prédateur ou sa proie, il en va de notre survie

ouvrons nos cœurs
ce n’est pas la sainte terreur
ce n’est pas la grande révolution
ce ne sont pas les paroles immémoriales

les mots sont au bout des cordes et tournent autour de nous
avec une force centrifuge qui fait tituber
et les mots tressent une toile infinie dans laquelle
nous nous enroulons comme des eunuques
avec le bon vin, les gros culs et l’oseille !

le champ est libre, ami ! lève le grillage, serre le poing
et laisse le vent souffler dans la voile qui s’éloigne
de notre sainte patrie apostolique

les mystiques et les drogués parlent la langue des oiseaux
et des grenouilles, ils caressent les boucles dorées des anges
ils serrent un nœud avec ce qu’ils vivent et ce qu’ils ressentent
en se lamentant de ne plus être des humains
ils se marrent en voyant les postmodernes dire que dieu est mort
ils gobent des acides puissants, baisent les créatures de diamant
que l’on trouve dans les grottes de corail, survirent au volant
d’une belle anglaise, tuent par plaisir les derniers oiseaux innocents,
posent une tête tranchée d’animal à la porte des banques

les mystiques et les drogués n’ont plus écrit de phrases depuis
3 décennies et 3 années
ils boivent l’ambroisie et le rhum charrette sur le dos gras du barracuda
fraichement tué dans la réserve

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